Cookies propriétaires et cookies tiers
| Cookie propriétaire (first-party) | Cookie tiers (third-party) | |
|---|---|---|
| Déposé par | Le site que vous visitez | Un autre domaine (régie, réseau social, outil) |
| Exemple | Mémoriser votre panier ou votre langue | Suivre votre navigation sur plusieurs sites pour la publicité |
| Lisible par | Le site lui-même | Le tiers, sur tous les sites où il est présent |
| Statut actuel | Largement accepté par les navigateurs | Bloqué par Safari et Firefox, toujours autorisé par défaut dans Chrome |
Une décennie de recul
- 2017 et après : Safari introduit la prévention intelligente du pistage, qui limite puis bloque les cookies tiers.
- 2019 : Firefox bloque par défaut les cookies de pistage connus.
- 2020 : Google annonce la suppression des cookies tiers dans Chrome, initialement prévue pour 2022.
- 2022 à 2024 : plusieurs reports successifs, en lien avec les discussions avec l'autorité britannique de la concurrence et le développement de la Privacy Sandbox.
- 2024 et 2025 : Google renonce à la suppression, puis au projet de demander un choix spécifique aux utilisateurs, et annonce l'arrêt de la plupart des technologies de la Privacy Sandbox.
Résultat : les cookies tiers restent disponibles dans Chrome, le navigateur le plus utilisé, mais ils sont bloqués dans une part significative du trafic (notamment sur iPhone) et soumis au consentement en Europe.
Pourquoi il faut quand même s'adapter
Même sans suppression dans Chrome, la dépendance aux cookies tiers est fragile :
- une grande partie des utilisateurs mobiles naviguent sur Safari ;
- en Europe, une part des visiteurs refuse les cookies publicitaires ;
- les bloqueurs de publicité et de traceurs sont répandus ;
- les règles peuvent encore évoluer, côté réglementation comme côté navigateurs.
Les stratégies d'adaptation
Développer ses données propriétaires
Les données que vous collectez directement, avec consentement (clients, abonnés à la newsletter, comptes), sont les plus solides. Elles permettent de créer des audiences publicitaires à partir de listes de clients, et de personnaliser vos communications. Les données que les clients vous donnent volontairement sont encore plus précieuses : c'est l'objet de notre article sur les données zero-party.
Mesurer côté serveur
Les solutions de mesure côté serveur (balisage serveur, API de conversions des régies) envoient les données de conversion depuis votre serveur plutôt que depuis le navigateur. Elles sont plus robustes face aux blocages, mais doivent respecter le consentement exactement comme les balises classiques.
Utiliser le Consent Mode et la modélisation
Avec Google, le Consent Mode v2 permet de modéliser une partie des conversions non observées, dans le respect du choix des visiteurs.
Revenir au ciblage contextuel
Afficher une annonce en fonction du contenu de la page (un article sur le jardinage pour une jardinerie) plutôt que du profil de l'internaute. C'est l'une des plus anciennes formes de ciblage, et elle redevient pertinente.
Miser sur l'intention
La publicité sur les moteurs de recherche répond à une recherche exprimée, sans avoir besoin de suivre l'internaute. C'est l'une des raisons de son efficacité durable.
Le bon réflexe : listez les outils de votre site qui reposent sur des cookies tiers et demandez-vous ce qui se passerait s'ils ne fonctionnaient plus. Ceux qui sont essentiels méritent une solution plus robuste.
Faire l'inventaire des cookies de son site
- Ouvrir le site en navigation privée, sans accepter le bandeau.
- Ouvrir les outils de développement du navigateur, onglet Application (ou Stockage), rubrique Cookies.
- Noter les cookies présents avant tout consentement : seuls les cookies strictement nécessaires devraient y figurer.
- Accepter, puis recharger : noter les cookies ajoutés et leurs domaines.
- Identifier les domaines tiers : régies publicitaires, réseaux sociaux, vidéos intégrées, outils de chat.
- Vérifier le refus : après un refus, les cookies non essentiels ne doivent pas être déposés.
Des outils d'audit automatisés existent aussi. Ce contrôle simple révèle souvent des surprises : une vidéo intégrée qui dépose des cookies avant consentement, un ancien pixel publicitaire oublié, un outil de chat qui charge plusieurs traceurs.
Exemple : un site vitrine qui en dépose trop
Prenons le site vitrine d'une agence immobilière de Lille. L'inventaire montre une vidéo YouTube intégrée en page d'accueil, un widget d'avis, un outil de chat et deux pixels publicitaires installés par d'anciens prestataires. Plusieurs de ces éléments déposent des cookies tiers avant tout consentement.
| Élément | Décision |
|---|---|
| Vidéo YouTube | Mode de confidentialité renforcée et chargement après consentement, avec une image de remplacement cliquable |
| Widget d'avis | Remplacé par l'affichage de quelques avis en texte, avec lien vers la plateforme |
| Outil de chat | Chargé seulement au clic sur l'icône |
| Ancien pixel publicitaire inutilisé | Supprimé |
| Pixel utilisé pour les campagnes actuelles | Conservé, déclenché uniquement après consentement publicitaire |
Résultat : un site plus conforme, plus rapide, et une mesure plus claire, car chaque outil restant a une raison d'être.
En résumé
Les cookies tiers n'ont pas disparu, mais leur avenir est incertain et leur portée réelle limitée. Les entreprises les mieux armées sont celles qui misent sur leurs propres données, une mesure robuste et des canaux fondés sur l'intention. Pour faire le point sur votre dispositif de mesure, découvrez notre accompagnement en marketing digital.
Besoin d'un regard sur votre situation ? Notre diagnostic offert vérifie 5 points clés de votre présence en ligne et vous indique par où commencer.
Demander mon diagnostic offert